Fin de la guerre de 1793

1795 : Prise de Collioure, enlisement des conflits et fin de la guerre


Prise de Collioure

À partir de ce moment, les Espagnols se méfient des velléités des Français. Ils lancent une attaque le 13 décembre 1793 au soir pour prendre Collioure. Aidés par des mercenaires portugais, ils partent du camp arrière d'Espolla et passent le col de Banyuls, forçant les Français à s'enfuir vers la mer, où se trouve la flotte espagnole. Les Français perdent beaucoup d'hommes, mais le 15 au matin, les Espagnols sont maîtres d'une zone qui va de la Madeloch à la mer, en arc de cercle autour de Banyuls.

Le 14 décembre, la flotte espagnole lève le camp, et les habitants de Banyuls évacuent les provisions et les armes par bateau pour les mettre en lieu sûr dans la citadelle de Collioure. Les habitants restent toutefois à Banyuls pour défendre leur ville. Le 15, les Espagnols fondent sur Banyuls et, malgré une défense acharnée des habitants, ils la prennent, faisant 200 morts et 300 prisonniers.

Les Espagnols poursuivent vers Collioure. Le 20, ils prennent la redoute de Paulilles, verrou de Port-Vendres. Puis ils pilonnent le fort Saint-Elme, qui se rend sans combattre. Le 27 décembre 1793, Collioure tombe devant l'assaut de 12 000 Espagnols.


L'enlisement

Cassanyes est envoyé en mission hors du département. Lorsqu'il y revient, le 4 décembre, il trouve un conflit qui s'enlise dans une lutte de généraux et un ennemi peu belliqueux. Ricardos se trouve à Montesquieu et il occupe toujours le versant nord des Pyrénées, mais face à lui, l'armée française est désorganisée et refuse le combat.

Le 2 janvier 1794, le général Dugommier rétablit la situation en attaquant réellement le camp de Ricardos. La bataille de Montesquieu fit 1 200 morts français, qui perdirent en plus 34 canons et 2 000 fusils. Mais elle pencha toutefois en leur faveur, Ricardos devant franchir les montagnes en urgence et poursuivant sur son territoire. L'année 1794 se déroule de façon quasiment identique à 1793, à une exception près : ce sont les Français qui contre-attaquent les Espagnols sur leur propre territoire.

En février 1795, une insurrection, commencée à la mort de Dagobert (Puigcerda, le 2 novembre 1793), s'étend à l'Espagne et Puigcerda, Bellver sont repris. La paix intervient le 1er août 1795 sous la forme du traité de Bâle, à un moment où l'armée française est au plus bas (nombreuses désertions, typhus, etc.).

C'est ainsi que se finit la guerre qui dura d'avril 1793 à août 1795 et qui aurait pu faire basculer le Roussillon en Espagne.


Le petit tambour du Boulou

Il faut néanmoins citer un fait d'arme important, car il a connu une grande popularité dans la région : l'histoire du petit tambour.

Il s'agissait de Pierre Bayle, 10 ans, membre des soldats de l'an II et III de la toute jeune République française. Il trouva la mort d'un éclat d'obus lancé le 1er novembre 1794 par les troupes du général Ricardos lors de la bataille du Boulou. Le courage de ce garçon fut célébré jusqu'à nos jours, car son fait d'arme fut de jouer du tambour toute la nuit précédente pour masquer les bruits de préparation militaire de l'artillerie française, ce qui permit de surprendre l'ennemi au matin. Une stèle rend hommage au petit tambour du Boulou dans le village espagnol de Biure, sur les pentes du mont Roigt. Le Boulou a également fait ériger une statue à sa gloire.


Arrive alors la fin de l'histoire du Roussillon, avec la période moderne.



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