Nous sommes en 1815. Le Roussillon est français depuis longtemps, et la population, régénérée depuis le traité des Pyrénées, se sent parfaitement intégrée à son pays. Cependant, cette année marque le deuxième retour de la monarchie sous la tutelle des Bourbons. Or, la population est majoritairement républicaine. La colère monte lentement, surtout dans la plaine et la vallée de la Têt, contrairement à la Cerdagne ou à la Salanque, où les Catalans semblent mieux s'accommoder de cette situation.
Louis XVIII, puis Charles X, parviennent à maîtriser la situation, mais en 1830, la deuxième révolution éclate. Perpignan devient le théâtre de nombreuses manifestations. Partout dans les villages, les habitants montent au créneau, revendiquant leur désir de voir la République restaurée. L'opposition légale trouve un porte-parole de choix : François Arago, député et futur ministre des Armées après 1848. En 1846, des républicains convaincus fondent un journal quotidien revendicatif : *L'Indépendant des Pyrénées-Orientales*. Ce journal demeure aujourd'hui le titre phare de la région.
De plus en plus fréquemment, la population se rebelle contre la bourgeoisie et les grands propriétaires terriens. Des grèves éclatent spontanément, et certaines maisons sont attaquées et incendiées. Maintenir l'ordre monarchique devient difficile. La révolution de 1848 ramène un certain calme en restaurant la République. Cependant, le 2 décembre 1851, le président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte, réalise un coup d'État. Les républicains sont alors sévèrement réprimés.
En Catalogne, 350 personnes sont déportées en Guyane ou en Algérie. La population est muselée par la force. En 1852, Louis-Napoléon Bonaparte se proclame empereur. Il contrôle fermement l'opposition, mais en 1864, il accorde le droit de grève. Peu à peu, les Catalans s'habituent à ce rythme et accordent leur confiance à leurs députés, bien qu'ils soient issus de la bourgeoisie.