Les tremblements de terre du XIVe siècle

XIVe et XVe siècle : Les tremblements de terre successifs mettent à mal le Roussillon


Le XIVe siècle fut marqué par une série de tremblements de terre dans toute la région. Les secousses touchèrent principalement le Conflent et la Cerdagne, obligeant de nombreux villages à reconstruire non seulement leurs habitations, mais aussi les possessions de leurs seigneurs, qu'il s'agisse de monastères ou de seigneuries laïques.

Les premières secousses notables eurent lieu bien avant cela, en 1321. Le jour de Noël, un puissant tremblement de terre secoua Perpignan. Bien que bref, il marqua les esprits. Le 21 février 1330, à Perpignan également, une secousse se produisit à une heure avant l'aube, durant environ le temps d'un Ave Maria. Ensuite, la terre resta calme pendant quelques décennies.


Les premiers tremblements de terre en Roussillon

À partir de 1373, des tremblements de terre survinrent avec une grande régularité, principalement entre février et mars. Le premier de cette série se produisit le 2 mars 1373. Ressenti en Roussillon et dans toute la Catalogne, il dura deux heures et terrorisa la population. Le lendemain, des répliques eurent lieu, ressenties jusqu'à Barcelone, et ce, même trois jours après. L'année suivante, le 2 février 1374, un autre tremblement de terre secoua le Roussillon et le Nord-Est de la Catalogne, fissurant de nombreuses tours à signaux et en faisant effondrer certaines d'entre elles. En 1375, le 27 février, la terre trembla à une heure avant le chant du coq, durant environ le temps d'un Ave Maria. Le tremblement suivant eut lieu le 1er février 1376 et fut ressenti dans toute la Catalogne. Finalement, la terre se calma légèrement. On peut imaginer la terreur que vécurent nos ancêtres en février 1377 !

Les secousses reprirent le 28 avril 1381, bien que cette fois-ci, elles restèrent modérées. Une nouvelle période d'accalmie suivit, durant 39 ans.


1420 : La deuxième série

Un texte écrit à cette époque décrit ainsi les événements : "En 1420, de Tortosa à Perpignan, des signes terribles apparurent en Espagne. En Catalogne, des mugissements souterrains furent entendus, accompagnés de fréquents tremblements de terre. À Amer, une petite ville près de Gérone, deux gouffres de feu se formèrent, d'où sortirent des torrents de flammes qui étouffaient ceux qui avaient la curiosité et l'imprudence de s'en approcher à deux jets de pierre."

En septembre 1425, à Barcelone, les comptes rendus du conseil municipal mentionnent la tenue d'une procession générale de la Seu en raison des tremblements de terre.


Les grands séismes de 1428

Les tremblements de terre survenus en 1428 sont appelés "grands séismes" en raison de l'énorme force qu'ils ont dégagée. Ils marquent le paroxysme de l'activité sismique en Catalogne, concentrée sur une ligne reliant Gérone à Prats-de-Mollo. Ces secousses débutèrent en 1427.

La série commença le 23 février 1427, et se poursuivit les 2, 13, 14, 15, 17, 19, 21 et 22 mars. Le tremblement du 15 mars détruisit en partie la ville d'Amer. Les 22 et 23 avril 1427, Barcelone fut secouée par un tremblement de terre terrible, qui commença à 23h00 et dura toute la nuit. Quelques jours plus tard, le 15 mai, une nouvelle secousse détruisit Olot, où une seule maison resta debout. Malgré ce désastre, les habitants reconstruisirent la ville, mais le 2 février 1428, un autre tremblement de terre la rasa à nouveau. Ce séisme se ressentit également au nord. Les registres municipaux de Puigcerda mentionnent plusieurs fois l'événement. Le 29 janvier, le conseil municipal s'est réuni comme prévu dans la salle communale, mais lors de la séance suivante, le 27 février, il se tint à l'extérieur de la ville, et cela jusqu'au 17 janvier 1429, date à laquelle la salle fut réparée. Les documents d'époque rapportent que 300 personnes perdirent la vie à Puigcerda.

Ce tremblement de terre fit également s'effondrer les remparts de Prats-de-Mollo. Alphonse V d'Aragon, roi d'Aragon, écrivit des lettres le 11 janvier 1430 pour accorder des indemnités à la ville et autoriser la levée de nouveaux impôts afin de financer la réparation des ponts et des remparts. À Arles-sur-Tech, il ordonna que les recteurs de la communauté d'Arles instaurent un impôt extraordinaire pour réparer deux tours et une partie des remparts détruits par le tremblement de terre de 1428.

À Cérêt, Jean II, évêque d'Elne, accorda le 20 juillet 1428 aux consuls l'autorisation de construire une chapelle votive en l'honneur de Sainte Marguerite, en remerciement de la protection divine après le tremblement de terre.

Les édifices religieux ne furent pas épargnés par ces secousses. Le clocher de l'Abbaye Saint-Martin du Canigou s'effondra, entraînant dans sa chute une partie des bâtiments monastiques. Le monastère de Fontclara, situé à l'est du Boulou, fut également dévasté. Dans le Conflent, le tremblement de terre fut particulièrement violent : la région d'Olette en fut durement touchée.


Les nombreuses répliques dans le temps

Après les nombreux dégâts causés par le tremblement de terre de 1428, les secousses s'atténuèrent progressivement. Cependant, plusieurs répliques furent ressenties au fil des années. Le 6 décembre 1435, deux secousses entre 5 et 6 heures du matin inquiétèrent la population. Puis, le 25 mai 1448, un tremblement de terre fut ressenti de Perpignan à Barcelone, sur tout le territoire roussillonnais. Ce tremblement dura le temps d'un Ave Maria et d'un Pater Noster. Le même phénomène se produisit à nouveau le 16 septembre 1450.

Le 10 septembre 1458, les consuls de Puigcerdá ordonnèrent une procession générale en raison du tremblement de terre qui eut lieu la nuit précédente. Ensuite, la terre se calma. Les secousses se firent plus rares, n'apparaissant que de manière épisodique jusqu'au XVIIIe siècle. Le 15 février 1560, vers 9h, un léger tremblement de terre secoua Perpignan. Puis, le 1er novembre 1755, un puissant séisme à Lisbonne fut ressenti jusqu'à Perpignan. Voici un texte copié d'un document d'époque :

Le 27 décembre 1755 à 4 heures du matin, un tremblement de terre si remarquable que les habitants, étant tous au lit, virent les enduits des murs de leurs chambres tomber et eurent l'impression que leur lit se renversait. Les habitants de la ville de Prades quittèrent leurs maisons, craignant d'être ensevelis sous les décombres.

Le 16 octobre 1763, un livre rapporte qu'un tremblement de terre sur le Canigou fut ressenti dans toute la montagne. Le 11 août 1797, une forte secousse fut ressentie de Rivesaltes à Collioure, où les canons reculèrent de 25 cm dans leurs affûts. Le 13 août 1797, à 10h45, une secousse d'une durée d'une bonne minute secoua les meubles et fut ressentie dans toute la plaine, plus particulièrement dans les Albères.

Par la suite, d'autres secousses furent ressenties, mais leur intensité diminua progressivement jusqu'à disparaître complètement.



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