Les Bandolers

XVIIe siècle : Crise interne et brigandage


La deuxième moitié du XVIe siècle fut marquée par les effets de la découverte de l'Amérique. Au Pérou et au Mexique, les Espagnols extrayaient de l'argent des mines souterraines. Cet argent brut arrivait par bateaux sur la côte ouest de l'Espagne, à Séville et à Cadix, puis traversait le pays jusqu'à Barcelone et Valence, où il était chargé sur d'autres bateaux à destination de Gênes, où se trouvaient les banquiers.

Tant de richesses à portée de main tentaient les brigands de toutes sortes. Certains d'entre eux s'étaient organisés en bandes pour voler les transporteurs, principalement dans la région barcelonaise. Les bandolers, nom donné à ces bandes, pouvaient facilement se camoufler en France, en pleine guerre de religion. Les principales zones de repli étaient Urgell et la Cerdagne, notamment les Nyeros, qui se réfugiaient à Nyer, et les Cadelles, à Vic (Cerdagne espagnole).

Les voleurs s'assuraient du silence de la population en reversant une partie de leurs forfaits aux paysans. Ainsi, ils disposaient de nombreux appuis un peu partout, tout en ayant de nombreuses caches. Les bandolers étaient revendicatifs : ils prétendaient lutter à leur manière contre le gouvernement. Ces méfaits ont porté un grand coup à l'économie espagnole, mais cela n'a pas empêché les transports de minerais de continuer.


Début de la crise interne espagnole

Peu à peu, l'économie catalane repart, mais pas celle de la Cerdagne ni du Roussillon. Il faut dire qu'à cette époque, les deux comtés étaient peu peuplés, donc il y avait peu de main-d'œuvre pour produire. Seul le Vallespir conservait des industries ; partout ailleurs, les ressources des habitants de la Catalogne nord résidaient principalement dans l'agriculture et l'élevage.

Survint alors un événement majeur dans l'histoire de France : la Saint-Barthélemy. Les adeptes de la Réforme, en France, furent massacrés à Paris et, par voie de conséquence, furent poursuivis dans les années suivantes, jusqu'à l'édit de Nantes qui mit fin à cette situation. Une partie des protestants fuyant la France vint en Roussillon, mais cette région était elle aussi essentiellement catholique, ce qui fit que ces réfugiés n'étaient pas en sécurité pour autant. Une première vague d'émigrants arriva en 1570, jusqu'à Estagel. Pourchassés de toute part, ils se déplaçaient en bandes et n'hésitaient pas à utiliser la force pour s'imposer dans un lieu.

Une deuxième vague arriva en 1592, où l'une des bandes parvint jusqu'à Vinça, mais la population excédée tenta de les éliminer, ce qu'ils réussirent en partie. Il faut dire qu'à cette époque, la population était plutôt agressive. Tous étaient armés et n'hésitaient pas à tuer pour rendre justice eux-mêmes. D'ailleurs, Philippe II dut prendre un arrêté pour interdire les "poitrinals", des arquebuses portatives, afin de réduire un peu cette violence.

En 1598, Philippe II décède. C'est son fils Philippe III qui monte sur le trône. À partir de ce moment-là, la Castille commença à se plaindre du peu d'effort fourni par la Catalogne dans la participation nationale, et ce, malgré un don de 1 100 000 livres barcelonaises consenti en 1599. Or, il y avait de moins en moins de métal en Amérique, et la politique hégémonique de la Castille coûtait cher.

Les dirigeants castillans montèrent donc le ton pour influencer les dirigeants catalans à participer davantage. Mais les Corts s'y opposèrent, entraînant une impasse politique.



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Drapeau catalan Les Pyrénées-Orientales

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