Histoire
Enserrée dans les remparts de Perpignan au Moyen Âge, la place de la République accueillait un marché dès sa création, alors connue sous le nom de "Coronell d'En Vila". En 1600, un couvent de jésuites s'y installe.
Comme souvent, les jésuites jouaient le rôle de précepteurs et enseignaient à la jeunesse. Ils fondèrent donc sur cette place un collège et une église dédiée à Saint Laurent. Expulsés du royaume de France en 1762, le couvent fut transformé en théâtre, qui devint municipal un peu plus tard. En 1799, la place prend le nom de "Place de la Liberté" et reçoit les tombeaux des généraux Dagobert et Dugommier, héros de la guerre de 1793 contre l’Espagne. L’enterrement eut lieu le 3 août 1800, mais leurs corps furent transférés en 1826 au cimetière Saint-Martin, où ils reposent encore. La place devint "Place Napoléon" sous le Premier Empire, puis "Place Royale" sous la Restauration, accueillant de nouveau un marché.
En 1843, un nouveau magasin, les "100 000 paletots", s'y installe ; c'est aujourd’hui l’enseigne la plus ancienne de Perpignan. À la fin du XIXe siècle, la place prend le nom de "Place de la République" et abrite le marché de gros jusqu’en 1900. En 1888, une grande halle de style Baltard est construite pour l’abriter.
Au XIXe siècle, le baron Desprès, chevalier de l’Ordre royal de la Légion d’honneur et ancien maire de Perpignan (1819-1827), fit don à la ville d’une fontaine composée de trois cariatides soutenant un plateau d’où coulait l’eau. La fontaine fut initialement installée place de la République, puis déplacée au XXe siècle place Bardou Job, où elle se trouve toujours. Sur place, les trois cariatides sont aujourd’hui rejointes par deux autres qui leur font face sur l’immeuble voisin.
En 1974, la grande halle fut détruite pour laisser place à un parking de cinq étages, au style moderne et très critiqué. Ce parking fut remplacé en 2006 par un parking souterrain, libérant à nouveau l’espace de la place de la République. Aujourd’hui, elle accueille toujours le marché et permet de flâner sur la dalle ou de prendre un verre dans l’un des nombreux bars qui l’entourent.